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Ce matin-là, le chauffeur de grand-père m'avait déposé au terrain d'aviation de Toulouse-Mautaudran vers 5 h 00. J'allais voyager seul !
Encore à moitié endormi, je contemplais les dizaines d'avions alignés devant les hangars. Ils portaient tous la même inscription : Compagnie générale Aéropostale.
Avec d'autres voyageurs, je me dirigeai vers un superbe appareil rouge et argent dont l'hélice tournait déjà. C'était un Laté 28 tout neuf, tout frais sorti de l'usine.
Tandis qu'on chargeait de gros sacs de courrier dans la soute, nous prîmes place dans la cabine des passagers. L'avion décolla presque aussitôt.
Au début, je me cramponnais à mon siège, mais bien vite j'oubliai ma peur, rassuré par mon voisin de voyage, un habitué de la ligne. Ce monsieur connaissait le nom de chaque village, de chaque rivière que nous survolions. Pour la première fois de ma vie, je voyait la Terre d'en haut. C'est magnifique !
Après plusieurs heures de vol, le ciel noicit, et la terre fit place à la mer. Par moments, le vent nous rabattait à quelques mètres seulement des vagues.
C'est le détroit de Gibraltar, m'expliqua le monsieur. Dans quelques minutes, nous serons en Afrique. Le temps est sûrement plus beau !
En effet, les villages marocains défilèrent bientôt sous nos ailes, et à 15 h 30, nous nous posions, sous le soleil, à Casablanca.
Là, je retrouvai mon cousin Félix, mécanicien navigant de l'Aéropostale. Il faisait équipe, à bord d'un Laté 26, avec un pilote du nom de Peyrat.
Salut Julien ! Ca fait plaisir de te voir ! J'ai une place pour toi dans notre avion.
Leur Laté 26 allait nous emporter avec le courrier jusqu'à Cap-Juby, en plein désert du Sahara. De là, un troisième avion, assurant la liaison Cap-Juby - Dakar, me transporterait jusqu'à mon père, à Port-Étienne.
A suivre...